Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche trente-unième. — Phocion; Statue antique de la
Galerie du Muséum.

Phocion fut disciple de Platon et de Xénocrate. Il
se distingua dès sa jeunesse par la supériorité de ses
lumières et l'austérité de ses mœurs. Son éloquence
forte et concise détruisit souvent l'effet des harangues
de Démosthênes , dont il ne partageait pas les opinions
politiques. Sans avoir jamais brigué les emplois pu-
blics , il fut chargé quarante-cinq fois du gouvernement.
A la tête des armées athéniennes , il Conserva toujours
l'extérieur modeste d'un simple particulier. Philippe
et Alexandre firentdevains efforts pour tenter sa fidélité;
il refusa un présent de 100 talens ( environ 3oo,ooofr.)
que le conquérant de l'Asie lui fit remettre par ses am-
bassadeurs , et cependant sa pauvreté était telle , qu'il
était obligé de s'occuper, ainsi que sa femme, des dé-
tails domestiques, Pour ne pas paraître dédaigner un
aussi puissant roi qu'Alexandre, il demanda et obtint
sans difficulté la liberté de quatre prisonniers enfer-
més dans la citadelle de Sardes. Les Athéniens,
après la prise du Pyrée, accusèrent Phocion de les avoir
trahis. Condamné d'une voix unanime, il se rendit en
prison avec une fermeté inébranlable, et ordonna à
son fils d'oublier l'ingratitude des Athéniens. Victime,
comme Socrate, d'une inculpation calomnieuse, Pho-
cion déploya comme lui un courage sublime à ses der-
niers momens. Il était alors dans la quatre-vingt-
unième année de son âge. On rapporte sa mort à
l'an 518 avant J. C. Les Athéniens gémirent bientôt sur
leur iniquité. Ils élevèrent une statue à Phocion, et
firent périr son accusateur dans les supplices.

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