Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche trente-cinquième. —La Vocation de S. Mathieu;
Tableau de la Galerie du Muséum ; par Louis Carache :
Jigures plus grandes que nature.

S. Mathieu , avantsa conversion , étaitpublicain, ou
receveur des tributs imposés aux Juifs par les Romains.
Suivant le témoignage de deux évangélistes, il portait
alors le nom de Lévi. Jésus, après avoir guéri un para-
lytique à Capharnaiim, marchait sur les bords du lac
de Génézareth, en instruisant le peuple, qui le suivait en
foule. Il aperçut Mathieu assis à son bureau , l'appela, et
lui ordonna de le suivre, ce que celui-ci exécuta sur-rle-
champ. S. Mathieu fut depuis l'un des douze Apôtres
chargés de répandre le Christianisme parmi les nations.

Le trait historique rapporté dans l'Evangile est très-
bien rendu dans ce tableau de Louis Carache, fonda-
teur de la célèbre Ecole d'où sont sortis tant de beaux
ouvrages. Il y a beaucoup de vérité dans le geste noble
et impératif du Christ, et l'empressement respectueux
de S. Mathieu. On doit une attention particulière à la
figure de ce publicain qui tient un sac d'argent, et qui
élève sa main vers son front. Son expression est très-
marquée. Il ne peut concevoir que son collègue aban-
donne ainsi un état lucratif pour une pauvreté certaine.
Le peintre lui a donné des lunettes : cet anachronisme
est bien réparé par les beautés réelles de ce tableau. Les
lecteurs ne seront sans doute pas fâchés de retrouver
ici le jugement que Reynolds porte sur Louis Carache.

Après avoir parlé du style en peinture, il ajoute :
« Louis Carache est celui qui semble approcher le plus
» de la perfection de cette partie; savoir, dans ses meil-
» leurs ouvrages, ses jours et ses ombres larges, sans
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