Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche quarante - unième. — U Amour endort le Tems .
Dessin, de Gauffier.

Le sens de cette aimable allégorie est facile à saisir.
Le Tems, dans un état d'immobilité, semble avoir aban-
donné sa faux, et paraît livré au sommeil ; l'Amour lui
enlève d'une main son sablier , symbole de la succes-
sion des heures ; et de l'autre 3 répand des pavots sur,
sa tête.

La composition simple et ingénieuse de ce dessin,
première pensée de l'auteur, rappelé ,1e talent d'un,
peintre enlevé trop tôt aux arts et à sa famille.

Gaufrier naquit à Rochefort. Quoique ses parens ne
fussent pas dans l'aisance , ils l'envoyèrent à Paris dès
sa jeunesse. Il y suivit les études de l'Académie de
peinture , où ses heureuses dispositions ne tardèrent
pas à se développer.

Il concourut en 1783 pour le grand prix de Rome : le
sujet était la Cananéenne aux pieds de Jesus-Christ. On
sait avec quelle supériorité Drouais, élève de David,
se présenta à ce concours. L'Académie rendit une jus-
tice éclatante aux beautés de son tableau , mais elle
reconnut aussi le mérite de celui de Gauffier, et chacun
deces jeunes rivaux obtint un premier prix. Gauffier ré-
sida à Rome pendant six années, revint eu France en
1789, et fut agréé à l'Académie de peinture. L'attrait
que le séjour de Rome a pour les artistes , rappela.
Gauffier dans cette ville , et bientôt il y trouva une
épouse dont les talens et les vertus aimables sympathi-
saient avec son caractère. Il fixa depuis son séjour à
Florence, où la mort lui enleva son épouse. Gauffier,
dont la santé avait toujours été très r faible , ne put

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