Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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toire de Saint Nazare , où il représenta Jésus-''
Christ chez Simon le Lépreux. Il continua ensuite de
travailler, à Venise, aux peintures de Saint Sébastien ,
et s'en acquitta avec tant de talent que ceux mêmes
qu'on avait jusque là regardé comme ses maîtres ne
purent se défendre d'un sentiment de jalousie.

Paul Véronèse fit le voyage de Borne avec le procu-
rateur Gri?nani, nommé ambassadeur de la république
auprès du pape. Un aussi excellent esprit que le sien
devait être sônsible aux beautés du dessin de Raphaël
et de Michel-Ange. Il les étudia de manière à faire en
cette partie des progrés sensibles , que le sénat récom-
pensa en le créant chevalier de Saint Marc. Cependant
les parties dans lesquelles il excella le plus furent tou-
jours celles que ses dispositions naturelles l'avaient
d'abord porté à étudier. Sa réputation ne fut pas
seulement répandue en Italie ; Philippe II, roi d'Es-
pagne, le manda près de lui, pour orner de ses ou-
vrages le couvent de l'Escurial : mais Paul Véronèse
ne put se résoudre à abandonner sa patrie où il jouis-
sait d'une considération méritée , et envoj'a en sa place
Frédéric Zucche.ro. Il mourut à Venise en i588 ; il était
alors âgé de 56 ans. Les Pères de Saint Sébastien s'em-
pressèrent de lui donner , dans leur église, une sépul-
ture d'autant plus honorable que son corps fut placé
au mi-lieu des chef-d'oeuvres de son pinceau.
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