Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche cinquante-unième. — La Mélancolie: Tableau
de la galerie du Muséum , par le ï"étij figure de
grundeur naturelle.

Les artistes anciens avaient fait choix d'un person-
nage allégorique pour représenter la Mélancolie. C'était
un homme d'une physionomie pâle et livide. D'une
main , il tenait un livre ouvert, pour désigner l'apti-
tude que ce caractère donne généralement aux sciences
et à la littérature. Une bourse placée dans son. autre
main annonçait son amour pour l'or. Un passereau
placé sur sa fête et un bandeau qui pressait sa bouche
étaient les emblèmes de son goût pour la solitude et le
silence.

Les modernes n'ont pas toujours suivi les idées de
leurs prédécesseurs dans ce portrait de la mélancol'e.
Le tableau du Féti dont on donne ici la gravure offre
une femme encore dans l'âge de la jeunesse ; une de ses
mains supporte son front penché vers une tête de mort
qu'elle contemple d'un œil fixe. Des livres, une sphère,
une statue mutilée sont près d'elle, ainsi qu'une hor-
loge de sable ; mais elle néglige tous ces objets pour
celui qui absorbe toutes ses réflexions. Un chien , d'un
aspect sauvage , est attaché près d'elle, et semble par-
tager sa tristesse. Le fond du tableau représente des
ruines.

On ne peut donner trop d'éloges à l'artiste pour la
pensée de cette figure et la manière dont les accessoires
concourent au but principal. Tout, dans ce tableau ,
pénètre le spectateur du sentiment sérieux et sombre
qu'il a voulu lui inspirer. L'ouvrage n'a pas moins
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