Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Le Poussin avait soixante ans, lorsqu'il peignit ce
tableau , où l'on admire les vastes conceptions d'un gé-
nie supérieur. On ne peut donner Irop d'éloges à sa
manière dont l'artiste a exprimé la douleur et l'abatte-
ment des parens du jeune Mojse, à la douce sécurité
empreinte sur la figure de cet enfant qui ne connaît pas
le danger qu'il va courir. Le paysage est un des plus
beaux qu'ait peint le Poussin. Les hautes tours, les pa-
lais, les fabriques indiquent la capitale d'un grand état,
et forment le fond le plus riche et le plus varié.

Pour mieux désigner le lieu de la scène, l'artiste a
placé, dans sa composition, un fleuve et un sphinx.
Mais peut-être le Poussin, aurait-il dû représenter ce
fleuve par une statue, au lieu d'en faire une figure ani-
mée, et d'introduire ainsi, dans un sujet tiré de la bible,
cette idée mythologique. Dans le tableau du Passage du
Jourdain, Raphaël a peint ce fleuve soutenant lui-
même ses eaux, pour laisser la marche libre aux prêtres
qui portent l'arche et au peuple d'Israël; mais le
sublime de la pensée couvre cette inconvenance, et la
Poussin ne semble pas avoir le même motif à alléguer.

Ce tableau était un des plus précieux; de la galerie
d'Orléans.
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