Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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Planche soixante-onzième.—Le Christ couronné aVépines,.
Tableau de la galerie du Muséum j par le Titien.

« Les soldats du gouverneur menèrent Jésus dans le
« prétoire , et là , ayant assemblé autour de lui toute la
« compagnie, ils lui ôtèrent ses habits, et le revêtirent
« d'un manteau d'écarlate; puis ayant fait une couronne
« d'épines entrelacées, ils la lui mirent sur la tête, avec
<c un roseau dans sa main droite ; et, se mettant à ge-
« doux devant lui, ils se moquaient de lui, en disant :
« Salut au roi des Juifs ; et lui crachant au visage, ils
« prenaient le roseau qu'il tenait, et lui en frappaient
« la tête. » (S. Mathieu , chap. XXVII, v. 27 , 28 , 29
et 3o).

Le tableau dans lequel ce sujet a été représenté par
le Titien est un des plus beaux de ce grand maître
quoiqu'il ne soit pas exempt des défauts qu'on lui a sou-
vent reprochés. La tête du Christ a de la noblesse, et
son expression douloureuse et bien sentie est d'autant
plus digne de remarque que le Titien , ainsi que les
plus habiles peintres de l'école vénitienne, a souvent-
négligé le caractère de ses personnages. Le goût de des-
sin de cette figure est d'un grand goût, quoiqu'il offre
quelques incorrections. La haine est assez Lien expri-
mée sur le visage de quelques-uns des bourreaux ; mais
cette passion devait, peut-être, s'y montrer avec plus-
d'énergie. On regrette que l'artiste n'ait pas représenté
cette ironie amère que le texte même indiquait. Les
juifs paraissent déterminés à tourmenter le Christ ;mais
aucun d'eux , pas même celui qui est à genoux, sur le
devant du tableau , ne semble lui adresser ces paroles g

Salut au roi des juifs. »

......' V ......... .......... 3&. .
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