Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 4.1803 [Cigognara Nr. 3401-4]

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1 cm
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.. . ( l5o )

Considéré sous le rapport de la couleur , ce tableau
ne mérite que des éloges. Jamais le Titien n'a peint de
carnalions plus vraies , plus animées. Les draperies et
les accessoires sont traités avec la même supériorité. Le
fond est vigoureux sans être noir ; composé des plus
riches teintes, il concourt à l'aspect imposant de cette
production capitale.

On sait que le Titien comparait la manière dont les
lumières et les ombies doivent se répandre dans un ta-
bleau , à la grappe de raisin où plusieurs corps réunis
lie présentent qu'une masse générale , quoiqu'ils con-
servent leurs formes particulières. Ce précepte a été
adopté par les artisles, et ce n'est qu'autant qu'ils s'y
sont conformés qu'ils ont réussi dans le clair-obscur»
Le Titien en a fait dans ce tableau l'emploi le plus heu-
reux. La lumière principale frappe sur le Christ, et se
répand de là avec harmonie sur les autres figures. La
draperie d'un rouge éclatant a l'avantage d'être con-
forme au texte de l'Écriture et d'attirer l'œil sur le per-
sonnage priucipal dont elle fait ressortir les carnations.

Dans loutes les parties qui tiennent au coloris , cette
composition est une des plus belles productions de l'art.
Il parait que le peintre la regardait lui-même comme
un de ses meilleurs ouvrages , puisque, contre son ha-
bitude, ily inscrivit son nom.

Ce tableau, dont les figures sont de grandeur natu-
relle 3 provient des étals ci-devant Vénitiens.
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