Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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Planche neuvième. — Le Christ descendu de la croix.
Tableau de la galerie du Muséum 3 jjar Rubens.

Rubens a négligé, dans celle composition , de
joindre à son sujet les accessoires qui le caractérisent.
Il n'a voulu devoir qu'à la seule magie de sou art
l'effet qu'il produit sur les spectateurs.

La figure du Cbrist est une des plus belles qui
soient sorties du pinceau de Rubens. Le dessin en
est d'un grand goût, quoiqu'il manque un peu da
noblesse; le coloris est de la plus étonnante vérité.
L'expression et le sentiment répandus dans toute celle
figure et dans celles des autres personnages , offrent
des beautés d'un ordre supérieur. A la pâleur de la
Vierge, à ses veux remplis de larmes, à l'expres-
sion douloureuse de tous ses traits, on reconnaît la
mère de Jésus , et l'on rend bommage à la supériorité
avec laquelle Rubens sait rendre lés. sentimens pâ-
ihéliques. S. Jean et la Madelaine, dont on ne voit
que les têtes, offrent l'expression d'une vive dou-
leur ; mais l'artiste, fidèle aux convenances , s'est bien
gardé d'égaler leurs souffrances aux angoisses ma-
ternelles de Marie. Josepb d'Arimatbie est bien ca-
ractérisé par sa tête vénérable et la richesse de son
costume. La manière dont les couleurs sont distri-
buées contribue à rendre l'effet piquant. La draperie
blanche qui couvre en partie le corps du Christ
forme, avec cette figure, une grande masse de lu-
mière. Le vêlement vert de S. Nicodême, la roba
rouge et la tunique bleue de la Vierge offrent des
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