Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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flanche quatorzième.— La Calomnie d'Apelles. Dessin
de la galerie du Muséum. j par Raphaël.

Celte allégorie sur le mal que peuvent faire les ca-
lomniateurs passait pour le chef-d'œuvre d'Apelles.
ÏSTous devons à Lucien la description de ce tableau que
le temps n'a pas plus respecté que les autres pro-
ductions du pinceau grec. Ce même écrivain a de plus
rapporté l'événement auquel cet ouvrage doit sa nais-
sance.

Apelles était à la cour de Ptolémée, roi d'Egypte,
et l'un des successeurs d'Alexandre. On conspira contre
ce prince ; et l'artiste fut accusé faussement d'être au
nombre des conjurés. Il parvint, mais avec beaucoup
de peine, à prouver son innocence ; et , pour faire
sentir au monarque l'injustice de ses soupçons, il com-
posa cette allégorie.

La Crédulité , assise sur un trône et désignée par
les longues oreilles qu'on donne à Midas , était entre
l'Ignorance et le Soupçon. Elle paraissait accueillir
avec empressement la Calomnie, qui tenait une torche
dans une de ses mains, tandis que de l'autre elle
traînait l'Innocence par les cheveux, Celle-ci avait
les traits d'un jeune enfant, et élevait ses bras vers
le ciel. UEnvie, la Fraude et VArtifice formaient le
cortège de la Calomnie. Plus loin, le Repentir, sous
la figure d'une femme vêtue dé noir, les cheveux
épais , et dans l'attitude du désespoir, tournait ses
.yeux mouillés de pleurs vers ia Vérité qui , sans voile,
s'avançait lentement du milieu d'un foyer de lumière.

Dans le célèbre dessin dont on donne ici le trait,
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