Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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Planclie quarantième. — "Barrière d'Italie, au haut de
la rue Mouffetarcl ( autrefois barrière do Fontaine-
bleau ) ; par Le Doux.

Cette planche représente l'une des nombreuses pro-
ductions dont un architecte moderne, justement cé-
lèbre par la fécondité de son imagination, a enrichi la
nouvelle enceinte de la ville de Paris.

Ce pavillon décore l'entrée de celte capitale par la
barrière d'Italie , sur la route de Fontainebleau, à l'ex-
trémité de la rue Mouffetard ; son aspect élégant et le
jeu de son portique en colonnade rappellent un peu les
compositions gracieuses dont Palladio a peuplé les en-
virons de Vicence, sa patrie.

Combien le vulgaire ignorant n'a-t-il pas débité d'ab-
surdités , et n'a-t-il pas fait de critiques aveugles et
fausses sur ces monumens qui s'érigèrent tous à la fois
et comme par enchantement , avec la clôture de Paris,
peu de temps avant la révolution !

"Vainement les oisifs de cette ville s'écrièrent alors,et
ont répété depuis jusqu'à satiété, que c'était déplojer
trop de magnificence et dépenser trop d'argent pour des
logemens de commis qui à peine verraient clair et pour-
raient placer un lit dans ces palais fastueux.

Comment les gens instruits et les hommes en place
même,qui ont redit ou sanctionné par un silence appro-
batif ce jugement inepte et trivial, n'ont-ils pas senti
qu'il n'était pas question d'un détail aussi mesquin dans
Une pareille entreprise, et que l'entrée de Paris , à
chaque barrière, ne devait pas s'annoncera l'étranger,
qui s'enjajt d'avance une si haute idée, comme l'entrée
d'un pauvre village ou comme une méchante auberge
sur une route de traverse.
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