Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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Quoi! les roules magnifiques dont toute la France est
percée, n'aboutiraient à leur centre de réunion qu'à une
misérable bicoque sans dignité, sans caractère, quand
la moindre petite ville de guerre ou de commerce pré-
sente , avec une sorte de fierté qui en impose, ses larges
fossés , ses murs formidables , ses tourelles et sa porte
élevée.

Quoi ! des citoyens français, des soldats'vainqueurs
n'auraient qu'une masure pour abri ,et les murs de Pa-
ris s'annonceraient comme la clôture d'un jardinier?
Quel raisonnement absurde et ridicule , et comment
tant de gens d'esprit ont-ils osé le répéter? Assurément,
si l'on peut faire un reproche fondé à cette enceinte
nouvelle , c'est que les murs manquent de caractère et
de fermeté ; c'est qu'ils n'annoncent pas assez ce qu'ils
doivent être, et ne sont pas assez distingués des clôtures
des particuliers; ils n'ont pas cette épaisseur, cette soli-
dité inaltérable à laquelle s'est opposée sans doute Véco-
nomie, mot funeste dont l'abus est si commun, et la juste
application beaucoup trop rare.

Quoi ! c'est en arrivant d'Italie , et après avoir vu les
murs de Rome et de Florence, de Florence surtout, où.
l'architecture est imposante jusqu'à paraître gigan-
tesque , que l'on craindrait d'offrir , à des yeux encore
frappés de cette magnificence , quelques bâtimens tant
soit peu décorés. Vous qui n'êtes jamais sorti des murs
de Paris, allez sur la route jusqu'à Fontainebleau ; là ,
le génie de François I.er brille encore dans ce château,
que l'on pourrait prendre pour une ville; là, Serlio,
Vignôle, le Primaiice, Philibert de Lorme, vous offri-
ront des chef-d'ceuvres dignes d'être admirés et repro-
duits par des Français émules des artistes de l'Italie.

L. G.
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