Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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que l'honneur de ses bonnes grâces. Ce refus ne fît
qu'accroître l'estime que le ministre avait conçue pour
Chain pagne.

Ce peintre était très-laborieux et fit un grand nombre
d'ouvrages dont la liste serait trop considérable. De six
tableaux q«i devaient orner la nef de l'église <^e S. Ser-
vais, il eu peignit trois. Celui où il a représenté l'appa-
rition de S. Gervais et de S. Protais à S. Ambroise, est
maintenant an Musée Napoléon. C'est un morceau capi- "
tal et le chef-d'oeuvre de l'artiste.

Ayant perdu sa femme et son fils , il fit venir de Bru-
xelles son neveu, Jean-Baptiste de Champagne qui reçut
ses leçons, et devint par la suite professeur à l'Aca-
démie.

Lorsque cette association d'artistes distingués se
forma , le nom de Philippe de Champagne fut placé le
premier sur la liste de ceux qui devaient la composer.
Il devint dans la suite professeur et recteur. Les talens
de le Brun lui enlevèrent la place de premier peintre j
il n'en murmura point, et c'est surtout dans cette occa-
sion qu'il fît paraître la modestie et le désintéressement
qui le distinguèrent toujours. Il passa les dernières
années de sa vie dans la retraite , sans cesser de manier
le pinceau , et mourut, en 1674, à l'âge de 72 ans.

Champagne possédait à peu près toutes les parties de
l'art qui peuvent s'acquérir par un travail assidu. Son
dessin est correct, son coloris vrai et vigoureux; heu-
reux s'il avait su joindre à ces qualités, le feu , l'origi-
nalité , la verve, qui annoncent le génie, et font ea
quelque sorte disparaître les défauts !
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