Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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0.5
1 cm
facsimile
( S)8 )

Marie de Médîcis a une robe de satin blanc. Le vête-
ment du grand duc est de la même étoffe et de la même
couleur. Son manteau est noir, et les habits pontificaux
du cardinal sont d'un rouge très-vif. L'or et les pierre-
ries brillent sur les draperies de ces trois figures,et sont
rendus avec une fier'é de touche qui fait presque illu-
sion. Afin que les habillemens des seigneurs et des prin-
cesses , présens à la cérémonie, ne le disputassent pas
en éclat à ceux des principaux personnages, Rubens a
donné à ces habillemens des couleurs douces et rom-
pues qui participent les unes des autres. L'Byménée a
une draperie d'un bleu tendre. Le tapis est rouge, ainsi
que le dais qu'on aperçoit au haut du tableau.

Parmi cet assemblage des tons les plus riches , le
groupe de marbre blanc aurait été un peu froid, si
Rubens n'eût conçu l'idée ingénieuse d'eu éclairer la
partie inférieure par les flambeaux placés sur l'autel.
Ils communiquent à ce groupe des teintes rougeâtres
qui s'unissent imperceptiblement avec les tons gris du
marbre, et donnent à cette partie de l'ouvrage toute la
vigueur dont elle était susceptible.

Ce tableau est un des plus admirables de cette pré-
cieuse collection. Les têtes sont des portraits traités
clans le goût noble et grand de l'histoire. La justesse
des expressions, la beauté de l'ensemble, la fraîcheur
et la vérité des carnations sont au dessus de tout éloge.
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