Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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Planche cinquante - septième. — La Vierge aux jétoges*
Tableau de la galerie du Muséum ; par Rubens.

Ce tableau prouve qu'un peintre du premier rang
peut quelquefois rester au dessous de lui-même, lors-
que le sujet qu'il choisit n'est pas conforme à son génie.
Rubens, si pathétique , si expressif dans ses grandes
et vastes compositions, n'offre point ici la naïveté,
là joie pieuse et céleste que Raphaël , le Domini-
qnin ou le Sueur eussent répandues sur cette com-
position mystique, Au reste , si l'on examine l'ouvrage
sous le rapport de l'art , on retrouve souvent le grand
maître. La gloire qui éclaire le tableau y répand de
grandes masses de lumières et d'ombres propres à re-
poser l'œil du spectateur. Obligé de vêtir la Vierge de
rouge et de bleu ( couleurs adoptées par tous les
peintres , ainsi qu'on l'a fait observer plusieurs fois ),
Rubens a uni ces deux tons par les nuances vio-
lettes qu'il y a su introduire. Si les carnations de
plusieurs Anges ont de la crudité dans les clairs,
et des demMeintes qui ne sont pas assez fondues ,
on doit admirer, dans l'ensemble, l'éclat et la faci-
lité du pinceau de Rubens. La Vierge et son fils
n'ont peut-être pas assez de noblesse; mais ces;
figures sont d'un coloris agréable. Enfin, quoique l'on
désire dans cet ouvrage quelques beautés qui tien-
nent au sujet, et qu'il ne puisse être mis au premier
rang des productions de Rubens,il pourrait néanmoins:
assurer la réputation d'un artiste moins célèbre.

S,
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