Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

Seite: 144
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1803a/0225
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( )

couleur vraie1, un bon clair-obscur, un pinceau ferra©
et vigoureux. Mais il ne sut pas éviter les défauts
de cet artiste; et, trop souvent, à son exemple , iî
peignit sans choix les objets que la nature lui pré-
sentait. Au reste , le "Valentin, bien supérieur à cette
foule d'artistes qui ne peuvent que se traîner péni-
blement sur les traces de leurs prédécesseurs, a par-
couru, en maître habile, la carrière ouverte par le
peintre italien. Le cardinal Barberini, neveu du pape
Urbain VIII, charmé des talens du Valentin, lui
fit faire plusieurs tableaux, et entre autres celui du
Martyre des saints Processe et Marlinien, qu'on
regarde comme le chef-d'œuvre de ce peintre (*).
Honoré de l'estime publique et de l'amitié du Poussin,
le Valentin ne jouit pas longtemps de sa réputation.
A la suite d'une partie de plaisir qu'il avait faite avec
plusieurs amis , dans les environs de Rome , et par
un temps fort chaud, il eut l'imprudence de se baigner
dans une fontaine qu'on voit près de la place d'Espagne,
et mourut, peu d'instans après, n'étant encore âgé que
de 32 ans. Cette mort prématurée ne lui a pas permis de
laisser un grand nombre de tableaux ; mais les beautés
qu'ils renferment ont encore plus contribué que leur
rareté à leur procurer une place honorable dans les
plus riches collections.

(*) Ce tableau, placé d'abord dans l'église de S. Pierre, à
Rome, fait maintenant partie de la collection du Musée. On en,
donnera le trait dans les 4nnales-
loading ...