Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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blanchi} soixante - neuvième. ■—• I?Accouchement de
Marie de Blédicis. Tableau de la galerie du Luxem~
bourg; par Rubens.

Marie de Médicis contemple, avec tendresse le
dauphin ( qui fut depuis Louis XIII ) auquel elle
vient de donner le jour. La Justice confie le jeûné
prince au génie de la Santé. La Fécondité présente
à la reine , dans une corne d'abondance , les cinq;
autres enfans qui doivent naître d*elle. On voit der-
rière la princesse, la ville de Florence, et un Génie
qui déployé un vaste rideau rouge. Le soleil, com-
mençant sa course $ annonce que l'accouchement eut
lieu le matin, et la constellation de Castor fait con«
naître qu'il fut heureux.

On pourrait reprocher ici à Rubens plusieurs dé-
fauts dé convenance ; comme d'avoir placé la scène
au milieu d'un paysage, et de n'avoir entouré Marie
de Médicis que de personnages allégoriques ; mais ce
qui fait considérer le tableau comme un chef-d'œuvre
de l'art, et ce qui l'a rendu le plus célèbre de tous
ceux qui fotment cette suite, c'est ^expression sublime
de Marie de Médicis. Cette expression compliquée!
n'offre point, comme plusieurs écrivains l'ont pré-
tendu, deux séntimens opposés> ce que là' peinture rie
peut effectuer ; mais elle réunit une affection morale et
une sensation physique. Ainsi l'abattement de la reines
annonce les souffrances qu'elle éprouve, tandis que lâ
joie se peint dans ses yeux. Four bien rendre unes
aussi heureuse pensée, il fallait être â la fois hommsf
sensible, grand dessinateur et parfait coloriste*
5. ' U
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