Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 5.1803 [Cigognara Nr. 3401-5]

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f ianclie soixante - onzième. — Le Christ portant sa
croix. Tableau de la galerie de Versailles ; par Eusta--
che le Sueur.

Par une de ces licences que les peintres se sont
souvent permises , surtout en traitant des sujets de
dévotion, le Sueur a représenté d'une manière èpi-
sodicjue,. un instant de la passion de Jésus-Christ.
Accablé sous le poids de sa croix, le sauveur suc»
combe : un vieillard, qui peut être Simon ou Joseph
d'Arimathie , s'empresse à le soulager de son fardeau,
çt Sainte Véronique, un genou en terre, tient dans
ses mains un linge dont elle s'apprête à lui essuyer
le visage.

Tout est noble et simple dans cette composition.
Un dessin pur, des expressions vraies et touchantes,
la placent à côté des meilleurs.ouvrages de-le Sueur.
Le coloris en est plus fin que celui des autres tableaux
de ce grand peintre. Les figures sont d'une proportion,
au dessus de demi-nature.

En introduisant Sainte Véronique dans son tableau,,
le Sueur a adopté une tradition depuis longtemps
accréditée. C'en est assez pour l'art ; mais il n'en
est pas moins certain que ce personnage n'a jamais,
existé. Aucun des quatre Evangélistes n'en fait men-
tion ; et c'est seulement dans le onzième siècle qu'on
a rapporté son histoire. On a prétendu qu'une femme
juive, appelée Bérénice, jeta un voile sur le visage
du Christ, lorsqu'il montait au Calvaire, pour essuyer,
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