Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 7.1803 [Cigognara Nr. 3401-7]

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A ces personnages purement historiques, Rubens,
toujours ami de l'allégorie , a joint deux génies qui
voltigent dans les airs. Ils répandent des fleurs , des
fruits et des pièces d'or , symboles de l'abondance,
et l'un d'eux tient une palme. Le fond représente
l'architecture gothique de l'église de Saint-Denis où
cette cérémonie eut lieu.

Un pareil sujet demandait un talent aussi étendu que
celui de Rubens; et nul autre artiste, peut-être, ne
l'aurait exécuté avec la même supériorité que lui. Le
profil de la reine présente , avec la ressemblance
exacte de cette princesse , le recueillement que de-
mandait celle auguste cérémonie. Les ministres de
la religion ont tous un caractère grave et austère.
Quoique placé sur un plan éloigné, Henri IV est très-
reconnaissable, et ses traits offrent l'expression de la
bonté. Il est facile de voir que les figures des prin-
cesses , dont la plupart sont remarquables par leur
jeunesse et leur beauté , sont des portraits ; mais
Rubens a su traiter ces portraits d'une manière con-
venable à l'histoire. Quelques-unes des têtes ont
même une expression décidée. La jeune personne qui
soulève le manteau de Marie de Médicis témoigne
tout l'intérêt qu'elle prend à la gloire de cette prin-
cesse. La reine Marguerite a , sur sa physionomie et
dans son attitude , une sorte de mélancolie que le
peintre n'a pas exprimée sans dessin. On sait que
cette reine , fille de Henri II et de Catherine de
Médicis, fut la première épouse de Henri IV, et
que son mariage avec ce prince avait été annuité.

Rubens, ayant a peindre des personnages réels ,
ne s'est point écarié de la nature dans son goût de
dessin, comme il l'a fait dans plusieurs autres ta-
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