Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 7.1803 [Cigognara Nr. 3401-7]

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( 3o )

Le goût faux, roide et maniéré du Josépin n'em-
pêcha pas qu'il ne fût regardé comme un grand maître.
La concurrence même du Caravage , dont la manière
forte et inspirée par la nature devait mieux faire res-
sortir les défauts de son rival, n'éclaira pas les parti-
sans de ce dernier. Sa mort mit enfin un terme à sa
réputation usurpée jet, depuis ce temps, ses tableaux
sont réduits à leur juste valeur.

Ce peintre poussait l'orgueil et l'amour-propre au
plus haut degré. Les honneurs et les récompenses dont
il fut en quelque sorte accablé lui parurent toujours
au dessous de son mérite 5 et souvent son humeur
brusque et chagrine se faisait sentir aux princes même
qui avaient la faiblesse de la supporter. Toutefois, il
était loin de soutenir ses prétentions par la bravoure.
]Michel-Ange de Caravage le provoqua sans succès.
Josépin refusa de se battre, et allégua pour excuse
que son adversaire n'était pas armé chevalier. Il était
son égal, puisqu'il exerçait la même profession que lui ;
et, sous le rapport du talent 5 il lui était bien supérieur.
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