Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 7.1803 [Cigognara Nr. 3401-7]

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Planche quatorzième. — L? Amour ordonne à Mercur»
d'annoncer son pouvoir dans tout l'univers. Tableau
de la galerie de Versailles ; par E. le Sueur.

La remarque déjà faite sur plusieurs tableaux de la
galerie Lambert, doit s'appliquer à celui-ci. Sans avoir
emprunté son idée cbez aucun poète, le Sueur a tracé
une scène charmante. L'Amour adolescent est à demi-
couché sur des nuages ; une de ses mains est posée
sur le bras de la déesse de la Jeunesse, qu'il est impos-
sible de méconnaître à la beauté de ses traits et à sa
couronne de fleurs; la coupe qu'elle tient design»
l'emploi qu'elle avait dans le ciel, avant que Jupiter
eût cboisi Ganymède pour verser, en sa place, le
nectar aux immortels. Rien n'était plus naturel que
de rapprocher ainsi la Jeunesse et l'Amour ; mais on
saisit moins facilement l'intention que le Sueur a
eue, lorsqu'il a placé près de l'Amour l'autre figure
de femme sur laquelle ce dieu paraît s'appuyer. Le
miroir et la lance qui sont dans ses mains ne peuvent
convenir qu'à la Prudence. Peut-être le Sueur a-t-il
voulu faire entendre que l'Amour qu'il a peint n'esr"
point l'Amour terrestre et grossier, mais cet Amour,
fils du ciel, que les anciens distinguaient de son frère,
et dont le culte pouvait s'allier avec tous les sentimenS
Vertueux.

Mercure, la tête couverte de son pétase, et ayant
des ailes aux talons , tient à la main son caducée
autour duquel deux serpens s'entrelacent. Impatient
d'obéir aux ordres de l'Amour, il s'élance dans le*
airs, et désigne du. doigt les lieux où il va d'abord
diriger son vol.
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