Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 7.1803 [Cigognara Nr. 3401-7]

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( 8ï )

Plancha trente-septième.'—Le Christ descendu, de la croix,
'Tableau de la galerie du Musée ; par Annibal Carache.

Le Christ est entre la Vierge et la Madeleine : cha-
cune d'elles tient une de ses mains que la mort a gla-
cées. La Vierge , accablée de douleur, s'évanouit et
ferme les yeux , comme si elle était près d'expirer.
Une des saintes femmes la regarde avec intérêt et
inquiétude. Joseph d'Arimathie, plaçant une main
sur sa poilrine, semble exprimer, par ce geste signi-
ficatif, la sincérité de son attachement pour Jésus.-
S. Jean lève les yeux vers le ciel, dont il semble
attendre la force de supporter son affliction. Le fond
représente quelques rochers.

Ce tableau est du temps où Annibal Carache étudiait
le Corrège, et n'avait point encore vu Rome. Le dessin
est moins correct et moins idéal que celui de ses der-
niers ouvrages ; cependant il a de la noblesse. Les
expressions sont profondes et énergiques. La tête du
Christ conserve l'empreinte des souffrances qu'il a
éprouvées. L'abattement de la Vierge, la douleur de la
Madeleine et de l'autre femme, sont rendues avec une
grande vérité. L'air inspiré de S. Jean a quelque chose
de sublime.

La longue chevelure de la Madeleine , le vase de
parfums qu'on voit à ses pieds annoncent que le peintre
a voulu représenter cette Sainte. D'ailleurs la figure du
fond est évidemment celle de S. Jean. Sans ce concours
de circonstances, le vêtement de la Madeleine, qui
indique plutôt un homme qu'une femme, laisserait
quelque indécision dans l'esprit du spectateur.
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