Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 7.1803 [Cigognara Nr. 3401-7]

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Planche quarantième. — Portail de Péglise de S. Sulpiee,
à Paris : par Servandoni.

II y a environ 70 ans que le chevalier Servandoni,
architecte et décorateur célèbre, né à Florence , com-
mença la construction de cette grande composition
d'architecture qui n'est point encore achevée. On disait
naguères qu'il manquait une place au-devant de ce
chef-d'œuvre ; on pourrait dire maintenant que le chef-
d'œuvre et la place restent tous deux imparfaits, puisque
cette place est vague et sans forme, et qu'il manque la
décoration de la tour à droite, en regardant le portail.

La marche de cette composition est savante et d'une
main hardie; il faut, pour la bien apprécier, se trans-
porterait temps où elle fut projetée: que faisait-on alors?
de ces petits ordres mesquins engagés ou collés sur les
murailles, encadrant de petites niches, et ne produisant,
dans leur ensemble, qu'une masse maigre et tourmen-
tée, copies informes et dégénérées du portail S. Gervais.

Qu'opposa le génie créateur de Servandoni à ces pro-
ductions mesquines? l'effet d'une seule ligne de toute
l'étendue de la façade, et celui d'un péristile de colonnes
isolées et d'un diamètre double de celui dont on faisait
communément usage. Il attira tous les regards par cette
nouveauté, et cette production, d'un genre mâle et bril-
lant, fut justement proclamée l'un des chef-d'œuvres de
notre architecture ; elle le fut d'autant plus facilement,
qu'on en jugeait moins l'effet, à cause du local resserré
°ù cette masse imposante s'érigeait. L'imagination de
chaquespectateuryajoutait encore toutesles perfections
^ui pouvaient le séduire, et chacun se figurait que le
Jour où les bâlimens qui obstruaient ce portail tombe-
l'ftit-nt3 on verrait paraître un de ces effets magiques que
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