Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 7.1803 [Cigognara Nr. 3401-7]

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Planche quarante - deuxième. — Camille. Statue de la
galerie, du Sénat ; par Bridan fils.

Marcus Furius Camillus fat un des plus illustres
généraux de la république romaine. Nommé dictateur,
il prit la ville de Veïes que les Romains assiégeaient
inutilement, depuis dix ans. A.u siège de Paieries qu'il
entreprit ensuite, il s'honora par un trait de générosité,
célèbre dans l'histoire. Un maître d'école vint lui livrer
les enfans des Falisques , confiés à ses soins. Camille,
saisi d'indignation, le fit dépouiller et reconduire dans
la ville par ses élèves qui le frappaient de verges. Les
habitans, touchés de la grandeur d'ame de Camille, lui
ouvrirent leurs portes. L'exil, prononcé d'après une
dénonciation calomnieuse , fut l'unique récompense
que le peuple romain accorda aux services de ce géné-
ral. Celui-ci , en s'éloignant de la ville, pria, dit-on,
les Dieux de réduire ses ingrats concitoyens à le regret-
ter. L'occasion s'en présenta bientôt : les Romains ,
vaincus par les Gaulois dans plusieurs combats , n'eu-
rent de ressource que dans Camille ; ils le rappelèrent
et le nommèrent dictateur pour la seconde fois. Le pre-
mier usage qu'il fit de son autorité fut de rompre le
traité que le tribun Sulpicius faisait avec Brennus, chef
des Gaulois, auquel il donnait de l'or, pour obtenir
qu'il s'éloignât de Rome avec son armée. Dans la ba-
taille qui lut ensuite livrée, Camille remporta une
victoire complète. Le peuple, voyant la ville entière-
ment ruinée , forma le projet de s'établir à Veïes ; mais
Camille lui persuada de ne pas abandonner Rome, à
qui les oracles avaient promis l'empire de l'univers.
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