Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 7.1803 [Cigognara Nr. 3401-7]

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Planche cinquante-neuvième. —■ Une Pastorale, Tableau
de la galerie du Musée ; par le Giorgion.

,Une femme nue et deux jeunes hommes, dont
l'un tient une guitare, sont assis sur. l'herbe, et pa-
raissent s'entretenir ensemble. Une autre femme, dont
la draperie ne couvre que la partie inférieure de son,
corps, se dispose à puiser de l'eau dans une espèce de
citerne ou de réservoir. Sur un plan éloigné, un berger
znarche à la tête de son troupeau ; on voit dans le fond
quelques fabriques, et la mer à l'horizon.

Cetle composition est assez singulière et peu expres-
sive. Le dessin est pris sur la nature , mais il offre des
incorrections. Le grand mérite du tableau consiste
dans la force et la suavité du coloris. C'est dans cette
partie de l'art que le Giorgion est l'égal des plus cér-
lèbres artistes,et qu'on le place au premier rang parmi
les peintres de l'école vénitienne.

Ce tableau , connu depuis longtemps sous le nom de
pastorale, faisait partie de la collection du roi. Il a trois
pieds, neuf pouces de haut, sur cinq pieds, trois pouces
de large.

Notice sur le Giorgion.

George Barbarelli, dit le Giorgion, à cause de sa
taille avantageuse, naquit, en 1478, à Gastel-Franco,
dans le Trevisan , et fut élevé à Venise. Il étudia
d'abord la musique, et devint habile dans cet art 5 mais
bientôt il conçut pour la peinture un penchant très-
v'f, et entra dans l'école de Jean Bellin qu'il ne tarda
Pas à surpasser. Il dut ses succès 4 l'étude de la nature,
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