Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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meunier. Ii eut la sagacité de découvrir l’inclination du
jeune Rembrant pour la peinture, et le plaça successi-
vement chez trois artistes qui exerçaient cet art à Leyde
et à Amsterdam.

Rembrant profita peu de leurs leçons, et prit bientôt
le parti dans lequel il a toujours persisté depuis , de n’a-
voir d’autre maître que la nature. Revenu chez son
père, il y travaillait dans la retraite, et s’y croyait in-
connu , lorsqu’un ami, en voyant un de ses tableaux,
lui conseilla de le présenter à un amateur de la Haye
qu’il lui indiqua. Celui-ci, charmé de l’ouvrage, le paya
ioo florins. Cette circonstance détermina Rembrant à
partir pour Amsterdam, où, en peu de temps, il se vit em-
ployé et recherché parles principaux connaisseurs. Quel-
ques prévenances qu’il reçut de la part des hommes
instruits, il ne put jamais se résoudre à les fréquenter.
Ses passions étaient l’amour de l’indépendance , celui
de son art et une extrême avarice qui lui fit souvent
imaginer des moyens singuliers et même honteux, pour
tirer parti de ses talens.Peintre et graveur tout à la fois,
il savait que ses estampes étaient aussi recherchées que
ses tableaux,et souvent il les faisait vendre par son fils,
comme s’il les lui avait dérobées. Il se fit passer pour
mort, et ne reparut en public qu’après avoir retiré un
prix considérable des objets vendus à son inventaire (*).

La Suite à la Planche 4.

(*) On attribue le même trait à David Teniers le jeune.
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