Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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mille autres critiques j toutes aussi mal fondées, tant il
est vrai que les jeux qui cherchent avec avidité la nou-
veauté dans les productions de l’art, commencent tou-
jours par se déchaîner contre elle, et que la routine
aveugle est pressée de blâmer avant de comparer.

Certes, si on a un reproche à faire à cet arc qui en-
cadre si heureusement la maison , c’est qu’il n’est pas
encore assez grand , chacun en convient, maintenant
que la surprise qu’il a causée d’abord est passée, et que
l’on a bien compris le motif qui l’a fait ériger ; mais vou-
loir le persuader, avant que l’habitude de voir des
grandes formes eût été prise, c’eût été folie 5 le temps
seul peut donner ces utiles leçons, qui ne profitent en-
core qu’à ceux que l’instruction met à même de les rece-
voir.

Lorsqu’on aura bien reconnu en [France qu’on juge
un peuple sur la physionomie de son architecture et sur
l’aspect de ses cités, comme on juge un homme sur sou
extérieur et par ses manières, alors peut-être on saura
quelque gré aux artistes qui ont eu le courage de braver
l’opinion pour faire de l’architecture ce qu’elle doit
être, un noble et ravissant spectacle pour les jmux, une
chaîne de tableaux magnifiques et variés, comme la
musique est pour l’oreille une chaîne de sensations dé-
licieuses, et la lyre enchanteresse d’Amphion, qui atti-
rait près de lui les animaux, les rochers et les bois,
bâtissait aussi des villes somptueuses.

L. G.
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