Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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Planche quinzième.-*—Le Feu. Tableau de la galerie die
Muséum ; par Augustin Carache.

Augustin Carache ayant obtenu de son cousin Louis
l’exécution d’un des quatre tableaux ovales qui devaient
être placés au plafond du palais ducal de Modène (*) ,
représenta l’élément du feu sous la figure de Pluton.

Le terrible dieu des enlers est dans une attitude médi-
tative: les traits de sa physionomie inspirent la terreur 5
sur sa tête est une couronne de fer 5 il tient à la main
son sceptre et la clef des portes de la vie, qu’on ne peut
plus franchir , dès qu’on est en sa puissance. L’artiste a
emprunté cette idée sublime d’anciennes descriptions 5
on l’attribue originairement à Orphée , et plusieurs
figures de Pluton , chez les Grecs, avaient cet attribut.
Le dieu s’appuye sur Cerbère dont on aperçoit les trois
têtes. Leurs gueules entr’ouvertes vomissent des torrens
de flamme. Le fond du tableau est sombre et mysté-
rieux. On y entrevoit des gouffres brûlans et une épaisse
fumée.

Plusieurs peintres modernes ont représenté Pluton ;
aucun d’eux n’a rendu d’une manière plus poétique,
que ne l’a fait Augustin Carache, l’idée qu’on se forme
du monarque des enfers. On admire, dans ce tableau,
un dessin, fier et gigantesque , une grande pensée ren-
due avec autant de simplicité que d’énergie, un pinceau
ferme et un coloris dont la vigueur convient parfaite-
ment au sujet. Toutes ces beautés réunies donnent lieu
de penser qu’Augustin Carache n’a jamais rien produit

(.*) Voyez PI. 11 , p. 29 de ce sixième volume.
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