Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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donner l’idée. La résignation et une joie céleste brilléiïÉ
dans les yeux de la jeune martyre, tandis que la pâleur
de son vrsage et un mouvement convulsif qui lui fait
étendre les bras , annoncent qu’elle a reçu lé coup
mortel. La manière dont la figure du bourreau est
conçue et exécutée, fait voir comment on peut agrandir
des formes vulgaires , sans les dénaturer.

L’idée première de cë groupe est puisée dans le
tableau du Corrège , représentant le martyre de Sainte
Placide et de Sainte Flavie (*) ; mais le Dominiquin ,
inférieur à çe grand peintre dans plusieurs parties de
l’art , le surpasse dans l’art de rendre les expressions
fortes et pathétiques, et ses deux figures sont supérieures
à celles du Corrège.

Le dessin du tableau de Sainte Agnès est grand et
correct ; les expressions en sont vraies. Le clair-obscur
n’y est pas distribué de manière à produire un grand
effet, mais la couleur est en général vigoureuse, et, dans
certaines parties, a beaucoup de vérité. Si, dans le
groupe du préteur et dans la gloire , on remarque plu<*
sieurs figures dont le dessin est moins soigné , et dont
la couleur tire on peu sur le rouge-brun , il ne faut pas
oublier que ce bel ouvrage a beaucoup souffert. Avant
d’étre placé au Muséum, il avait subi en Italie plusieurs
retouches, exécutées par des artistes peu dignes d’asso-
cier leur pinceau à celui du Dominiquin.

Ce tableau fut fait pour l’église de Sainte Agnès, à
Bologne.

(*) Ce tableau fait partie de la galerie du Muséum.
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