Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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Planche trentième. — Un Fleuve et une JVaiade.

Tableau peint en grisaille; par Eustache le Sueur.

Les Lleuves ont été divinisés par les peuples de l’an-
tiquité. On les disait fils de l’Océan et de Tétbys, et
on portait leur nombre à trois mille. Il était d’usage
chez les Grecs de les invoquer en se lavant les mains
dans leurs eaux. Cette coutume était au contraire
proscrite par les Perses qui la regardaient comme un
outrage à la divinité des fleuves. On leur faisait des
sacrifices, et on choisissait de préférence pour cette
cérémonie , des chevaux et des taureaux. Les poètes
et les artistes représentèrent les fleuves sous la figure
de vieillards, symbole de leur ancienneté. Une barbe
épaisse, une chevelure longue et éparse sur les épaules,
une couronne de joncs servaient encore à les caracté-
riser. A demi-couchés sur un lit de roseaux , ils
s’appuyent sur l’urne d’où leurs flots s’épanchent et
prennent leur source. La position plus ou moins incli-
née de cette urne annonce la lenteur ou la rapidité
de leurs ondes. Les figures de fleuves qu’on voit sur
les médailles sont posées à droite ou à gauche, selon
que leur cours est vers l’Orient ou l’Occident. On
les a aussi représentés avec des cornes sur la tête
et même sous la forme de taureaux. La première de
ces allégories a rapport aux bras des fleuves ; la
Seconde indique le mugissement que leurs eaux font
quelquefois entendre. Chaque fleuve, chez les anciens,
avait un attribut pris le plus souvent, soit des ani-
maux et des plantes du pays qu’il arrose, soit des
poissons qui se trouvent plus particulièrement dans
son sein. Les modernes ont imité cette idée des an-
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