Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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Planche trente - septième. — L* Arcadie. Tableau du
Musée de Ver saille s ; par le Poussin.

L’Arcadie n’était point la contrée de la Grèce
la plus favorisée de la nature. Son sol était inculte
et montueux. Pendant longtemps les Arcadiens ne
s’adonnèrent qu’à la vie pastorale. Le genre de leurs
occupations et l’isolement dans lequel ils vivaient exci-
tèrent l’enthousiasme des poètes qui firent de ces
campagnes le séjour de l’innocence et de la paix. On
supposa que les principales divinités champêtres étaient
nées en Arcadie, et la poésie célébra les jeux et les
mœurs des habitans de ce pays.

Ces traditions ont inspiré au Poussin l’idée de la
eomposition qui, au jugement des gens de lettres et
des philosophes, peut être considérée comme un de
ses chef-d’œuvres. Il y a exprimé une pensée pro-
fonde avec une noble simplicité. Trois bergers et une
bergère trouvent, au milieu d’une plaine, le tombeau
d’un de leurs compatriotes. Le plus âgé s’incline, et
lit cette inscription : Et in Arcadi,â ego : et moi je fus
aussi dans V Arcadie ! L’un des jeunes gens s’appuie
sur la tombe ; l’autre montre du doigt celte inscription
à la jeune fille ; et tous se livrent à des réflexions
mélancoliques sur l’instabilité du bonheur et la brièveté
de la vie.

Sous le rapport de l’art, ce tableau n’est pas aussi
précieux que plusieurs autres ouvrages du même
maître-, mais il semble que le Poussin ait voulu laisser
dominer sa pensée et écarter toute idée d’ornemens
et d’accessoires. Le paysage est peu considérable ,
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