Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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sieurs bustes antiques parvenus jusqu’à nous. L’Apol-
lon serait d’un assez bon goût de dessin , si cette
figure ne devait représenter qu’un jeune homme
vigoureux ; mais il paraît lourd , lorsqu’on le rap-
proche du modèle sublime que l’artiste a voulu imiter.
Si l’attitude de Minerve a beaucoup de mouvement
et d’énergie , la tête de cette déesse est totalement
dénuée de dignité. Mars n’est ici, comme dans tous
les autres tableaux de Rubens, qu’un guerrier d’un
âge mûr, armé de toutes pièces ; ce qui n’est nulle-
ment conforme aux idées des anciens.

La plupart des autres figures sont d’un meilleur
goût de dessin. Celle de la Paix, entre autres, a
toute la noblesse qu’on eût pu attendre d’un grand,
maître des écoles de iFrance ou d’Italie. Les divinités
infernales sont même dessinées avec une énergie qui
n’est pas dépourvue de correction.

La couleur fière et brillante, la belle distribution
des ombres et des lumières donnent à ce tableau
l’aspect le plus imposant. L’assemblée des dieux est
dans un jour très-pur : de grandes masses de derni-
teintes occupent la partie droite du tableau; de pareilles
masses sont reproduites à gauche par les nuages qui
supportent Pan et les Nymphes.

Le choix de la couleur des draperies est fait avec
une rare intelligence. Le manteau qui couvre en partie
Jupiter est d’un rouge adouci dans les clairs par des
tons presque blancs. La robe de Junon est violette
et son voile grisâtre. La Paix a une tunique bleue,
et son manteau , dont le fond est vert , présente
dans les parties éclairées des teintes jaunes qui sont
en harmonie avec la draperie de la Concorde. Bacchus
et Cérès ont des vêfemens de couleurs changeantes
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