Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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'Planche cinquante - unième. — U Air. Tableau de la
galerie du Musée ; par Annibal Caraclie.

Les anciens et, à leur imitation, les modernes, ont
représenté l’élément de l’air sous différentes formes.
Les Grecs l’ont quelquefois confondu avec Jupiter
lui-même, et alors c’était à l’air le plus pur, à l'éther
qu’ils rendaient hommage. Souvent ils adorèrent- l’air
atmosphérique , sous le nom de Junon. Quelquefois
aussi ils ont fait de l’air une divinité particulière,
que les Saisons avaient élevée, qui avait la Lune
pour épouse , et la Rosée pour fille.

Chez les modernes, l’air est représenté sous la figure
d’une femme assise sur des nuages. Ses cheveux sont
agités , et ses draperies voltigent au gré des vents. Elle
a près d’elle le paon consacré à Junon, et un ca-
méléon, parce que dans le temps où la physique
admettait beaucoup de notions erronées , on pensait
que l’air était l’unique aliment de cet animal. Le plus
souvent, Junon, Iris ou Zéphire servent à person-.
nifiet* l’air.

Annibal Carache n’a suivi aucune de ces traditions.
Ce peintre a choisi , pour représenter l’air , Vénus
et l’Amour. C’est au moins une licence qu’il est plus
facile d’excuser que de justifier. La déesse de la beauté
est négligemment couchée sur des nuages, et regarde
son fils. Elle tient d’une main la pomme, monument
de son triomphe sur Junon et Miuerve; près d’elle
sont les colombes, ses oiseaux favoris.

A la forme de ce tableau et aux raccourcis que
présentent les figures , on le reconnaît pour un de ceux
6. aé
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