Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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Planche soixante quatrième.— L’amour, réprimandé

par sa mère, se réfugie dans les bras de Cérès. Tableau

d Eustache le Sueur.

Ceite agréable composition appartient en entier à
le Sueur: il n’exisie , dans la Mythologie, aucun
trait semblable. La principale figure est Vénus , assise
sur les nuages. La sévérité de son aspect n’altère point
la douceur de ses traits ; car le Sueur a toujours
observé ce grand principe des anciens , de ne jamais
sacrifier à une expression exagérée la beauté des for-
mes. La déesse étend le bras, et son doigt levé
menace le jeune Amour. Celui-ci s’est échappé de son
berceau. ïl s’élance vers Cérès, qui le reçoit dans ses
bras, et semble, en dirigeant sur Vénus un regard
doux et suppliant, lui demander de l’indulgence. Les
épis qn couronnent Cérès servent à la caractériser,
aussi bien que les grains et les fruits qu’on voit près
d’elle Le Sueur a rempli d’une manière ingénieuse
l’espace vide qui se trouve au milieu du tableau. I! y a
placé une nymphe qui appuyé sa tête sur une de ses
mains , et lève les y/eux vers le ciel. Elle médite sur le
danger de protéger l’Amour. C’est à peu près la même
intention que celle de la figure de Diane, dans le tableau
où Vénus présente son fils à la cour céleste f*); mais
ici l’expression est encore plus déterminée.

Quoique ce tableau , comme on l’a dit, soit fout entier
d’imagination, un proverbe des anciens aura pu eia

{*) Voyez ia gravure de ce tableau , pl. 33, p. 73 de ce volume^
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