Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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lui donna des leçons; mais André ne tarda pas à
le surpasser. La grande réputation de Raphaël et de
Michel-Ange engagea André del Sarle à faire le voyage
de Rome, pour y voir les ouvrages de ces maîtres cé-
lèbres. Il joignit à l’étude assidue qu’il en fit, celle
des statues antiques, et se forma ainsi une manière
grande et savante. Il fut appelé en France par le roi
François Ier. Ce prince le récompensa magnifique-
ment de plusieurs ouvrages qu’il fit à sa cour, et lui
confia une somme considérable pour acheter, en Italie,
des antiques et des tableaux; mais, aussitôt qu’André
fut de retour à Florence , il ne pensa plus qu’à y
dépenser l’argent qu’il avait gagné en France, et même
celui qu’il n’avait en ses mains que comme un dépôt.
Le roi de France fut justement irrité de cette infidé-
lité: il consentit cependant à ne pas punir André
del Sarle, mais il ne voulut plus le voir. Privé, par
sa faute , d’un moyen assuré d’établir sa fortune, cet
artiste fut contraint de se fixer à Florence. La peste
étant survenue dans cette ville, il y succomba en
i53o, à l’âge de 42 ans, dans une misère profonde
et abandonné de sa femme et de ses amis. Il fut en-
terré dans l’église de l’Annonciade, où l’on voit son
portrait. Les tableaux de ce peintre sont recherchés,
et tiennent une place honorable dans les principales
collections de l’Europe ; mais c’est surtout à Florence
qu’un peut prendre une juste idée de ses talens. Les
belles fresques qu’il y a exécutées, le font regarder
qvec raison comme un des chefs de l’école florentine.
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