Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 6.1804 [Cigognara Nr. 3401-6]

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( 1*7 )

Planche soixante - dixième. ■— La Mort d’Eurydice.

Tableau de la galerie du Musée ; par le Poussin.

Assis près d’un fleuve paisible, Orphée chante en
s’accompagnant de sa lyre. Deux jeunes femmes et
un jeune homme l’écoutent avec attention. Cette
dernière figure cache à Orphée la vue de son épouse
qu’un serpent vient de blesser mortellement. Elle
tombe, et le panier de' fleurs qu’elle tenait à sa
main vient de lui échapper. Un peu plus loin est
un pêcheur. Dans le fond, on aperçoit des hommes
qui se baignent, et d’autres qui traînent un vais-
seau.

Les figures de ce tableau ont environ huit pouces
de proportion. Dans une si petite dimension, le Poussin
a su leur donner beaucoup de noblesse et de caractère.
La tête d’Orphée est pleine d’expression. L’attention,
la joie , sont parfaitement rendues sur la physionomie
des deux femmes et du jeune homme. La douleur est
peinte dans tous les traits d’Eurydice. Les figures du
fond sont touchées avec un sentiment qui annonce
le grand artiste.

Sous le rapport de l’exécution, le paysage est par-
fait. Il ne faut cependant pas dissimuler une objec-
tion qui tient aux convenances. Les édifices du fond,
n’ont aucun rapport avec la Thrace, pays sauvage où
Orphée faisait entendre ses chants. Ils rappellent des
temps plus modernes , puisque ces fabriques sont la
copie , presque sans aucun changement, du Château
Saint-Ange, du pont qui porte le, même nom, et
de la partie de Rome moderne où ces monumens
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