Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

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Planche sixième.— La mort de Clorinde. Tableau de
la galerie du Musée ,- par Ludovico Lana.

Un des plus beaux épisodes de la Jérusalem délivrée
a fourni le sujet de ce tableau.

L’héroïne qui défendait la cité sainte contre les
croisés , Clorinde, venait de faire une sortie nocturne
et d’embraser les machines de guerre de l’ennemi ;
mais bientôt séparée d’Argant , son compagnon
d’armes, elle est attaquée dans sa retraite par le
redoutable Tancrède; et, après un long combat, elle
reçoit le coup mortel. C’est alors que Clorinde se con-
vertit à la foi chrétienne, et prie son vainqueur de lui
donner le baptême.

Tancrède a reconnu trop tard qu’il vient d’immoler
celle qu’il aime. Le désespoir est dans son cœur :
mais il doit avant tout remplir le plus sacré des devoirs.
Tandis qu’il verse l’eau sur la tête de son amante,
« Clorinde qui ne peut prononcer aucune parole ,
« lui tend, en signe de reconnaissance, sa main déjà
« glacée, et semble, au moment où elle expire, céder
« à un doux sommeil. »

Le peintre paraît s’être pénétré des vers qui ter-
minent le récit du Tasse, et dont on vient de rapporter
le sens. En donnant plus de noblesse et d’expression à
ses figures, il fût resté moins inférieur à son modèle.
Malheureusement il laisse beaucoup à desirer sous ce
double rapport. Il y a du sentiment dans la tête de
Clorinde, mais cette figure est d’un dessin lourd et
commun. Si celle de Tancrède a plus d’élégance, elle est
d’une froideur qui détruit tout l’effet; et c’est dans un
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