Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

Seite: 22
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1805/0039
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 2S )

être funeste.il porta jusqu’à l’extravagance son amour
pour cette princesse , et se sépara cPOctavie , sœur
d’Oetave. La bataille navale d’Actium délivra celui-ci
d'un concurrent redoutable. Cléopâtre prit la fuite avec
ses vaisseaux, et Antoine renonça à la victoire, pour
suivre ses traces. Abandonné de ses amis, trahi par sa
maîtresse qui lui avait fait donner lafausse nouvelle de sa
mort, il se perça de son épée ; et lorsqu’il apprit qu’elle
vivait, il se fit porter près d’elle , afin de mourir dans
ses bras. Il avait alors 56 ans. Cléopâtre ayant essayé
vainement de captiver Octave , se fit piquer par un
aspic , et mourut pour éviter la honte d’être traînée
au char du vainqueur.

La licence qu’A. Véronèse a prise, en représentant
à la fois la mort de Marc-Antoine et celle de Cléopâtre,
n’est pas excusable, car elle contredit et dénature
l’histoire. Ce tableau offre des défauts d’une autre
espèce. Lo dessin de la figure de Marc-Antoine manque
de correction et de noblesse. Quoique quelques têtes de
femmes ayent de l’expression, la plupart des person-
nages qui assistent à la catastrophe ne paraissent pas
assez, profondément émus. Toutefois, l’étendue de la
composition , dont les figures sont de grandeur na-
turelle, la facilité du pinceau , et des détails agréables
donnent du prix à l’ouvrage, qui d’ailleurs est une des
meilleures productions de l’artiste. On voyait ce ta-
bleau dans la collection de l’hôtel de ïçulouse, à
Iran s.*
loading ...