Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

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( 5i )

Planche vingt-deuxième. — La Décollation de S. Jean-

Baptiste. Tableau de la galerie du Musée ; par

Rubens.

La scène se passe dans l’intérieur d’une prison ,
à la lueur d’un flambeau. Le corps de S. Jean-Baptiste
est étendu à terre. Le bourreau vient d’en détacher
la tête qu’il présente à la fille d’Hérode. Une vieille
suivante reçoit cette tête sanglante dans un plat, et
semble féliciter sa maîtresse de la mort de son ennemi.
Dans le fond on voit un soldat qui paraît touché du
sort de la victime.

Ce tableau est un des deux qui étaient peints sur
les volets d’une descente de croix , également de la
main de Rubens. Ce grand peintre a su adapter avec
goût sa composition à la forme ingrate du cadre.
L’effet est parfaitement rendu , et c’est une idée
poétique que d’avoir éclairé cette scène lugubre d’une
lumière sombre et mystérieuse. Le dessin du corps
de S. Jean-Baptiste est grand et fortement senti. La
tête est noble; celles du bourreau et de la vieille ont
le caractère de bassesse et de férocité qui leur convient.
La couleur est chaude et vigoureuse. Quelques défauts
déparent ce tableau : la figure d’Hérodias n’est pas
élégante, et le corps de S. Jean est peut-être colossal
en comparaison des autres figures. Peut-être encore
ce col coupé, ce sang qui jaillit paraîtront-ils à plus
d’un spectateur un objet horrible que Rubens aurait
dû dérober aux regards.
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