Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

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à gauche, et a près de lui un jeune homme qui Pinvîfe’
à se lever. Près de celui qui porte la corbeille, deux
hommes et une femme recueillent la manne sur la terre,
tandis qu’une jeune fille étend le devant de sa robe pour
recevoir celle qui tombe du ciel.

Pes figures placées à la gauche du tableau n’ont pas
des attitudes aussi animées que la plupart de celles dont
or. vient de parler ; mais c’est sur cette partie de sa com-
position que le Poussin a répandu l’intérêt le plus tou-
chant. On voit d’abord un malade appuyé sur son
bâton , et dont l’attitude annonce l’abattement. Près
de là une femme remplit le plus pieux des devoirs. Elle
nourrit sa mère de son lait, mais en meme temps elle
jette un regard de douleur et de tendresse sur son en-
fant , et semble le priver ci regret d’une partie de la
substance qui lui est due. A côté de ce groupe, un vieil-
lard ,à moitié nu, paraît oublier sa propre misère pour
admirer l’action généreuse de la jeune femme.

■Ce tableau , un de ceux où le Poussin a le mieux fait
paraître la richesse de son imagination, la profondeur
de ses pensées et l’élévation de son génie , est encore
remarquable sous le rapport purement pittoresque. En
1667, dans une conférence des membres de l’Académie
de peinture, le Brun en fit l’objet d’une dissertation
très-intéressante ; il observa surtout que chacune des
figures principales se rapprochait des proportions qu’oa
admire dans les plus belles statues antiques.

La manne dit, Poussin, regardée depuis longtemps
comme un des chef-d’œuvres de l’art, était placée dans
le cabinet du roi. Ce tableau a quatre pieds de haut sur
six pieds de large.
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