Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

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Planche cinquante - unième. — Le Temps découvre la
Vérité. Tableau de la galerie du Luxembourg ; par
Rubens.

Ce tableau termine l’histoire de Marie de Médicis ,
et fut fait en mémoire de la réconciliation de cette
princesse avec son fils , Louis XIII. On sait, au reste,
que ce rapprochement ne fut que momentané , et que
la reine, forcée de quitter la France , mourut à
Cologne dans une disgrâce complète.

Rubens a placé la scène au milieu de nuages que
surmonte une gloire. Le roi, dans un costume guerrier ,
et la tête couverte de lauriers , présente à sa mère les
symboles de la concorde et de la bonne-foi : un cœur
enflammé * deux mains jointes et une couronne d’oli-
vier. La reine les reçoit avec empressement. Plus bas ,
le Temps enlève la Vérité du lieu sauvage et inhabité
où elle avait été longtemps enchaînée. Celte déesse est
sans voile: c’est ainsi que les plus célèbres peintres, et
entre autres le Dominiquin et le Poussin, Pont repré-
sentée, lorsqu’ils ont eu la même idée à exprimer.
Rubens a placé dans sa composition ces figures allégo-
riques, pour faire entendre que la méchanceté de
quelques courtisans avait été cause des dissenlions
élevées entre la reine et son fils, en voilant la vérité
que le temps seul avait fait connaître.

Le tableau est exécuté avec cette chaleur qui ne per-
met pas toujours à Rubens d’être correct. Mais le
coloris en est admirable. Ferme et fier dans les figures
de Marie de Médicis et de Louis XIII3 poussé au plus
haut degré de vigueur dans celle du Temps, il est dans
les carnations de la Vérité brillant et plein de fraîcheur»
8. 26
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