Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

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Planche soixante-cinquième. — Le Christ mort, et deux
Anges. Tableau de la galerie du Musée ; par le
Tintoret.

Le Christ , à demi-enveloppé de son linceuil, est
soutenu par un Ange qui le regarde avec douleur.
Un autre Ange, appuyé sur une pierre, et tenant
un flambeau , essuye ses larmes.

Cette peinture n’ést qu’une esquisse; mais elle est
touchée avec sentiment. Les têtes ont de l’expression ,
et le dessin , sans être bien correct, est ferme et d’un
grand caractère. La couleur est chaude et vigoureuse.
Le lincèuil est d’un blanc frès-éclatant. L’Ange qui
soutient le Christ a une draperie de couleur orangée.
Celle du second Ange est violette. Le fond est brun.
Hauteur quinze pouces, largeur six pouces.
Jacques Robusti, surnommé le Tintoret, parce
que son père exerçait la profession de teinturier,
naquit à Venise , en i5i2. Il se mit d’abord dans
l’école du Titien qui, dit-on , jaloux de ses progrès
rapides, le renvoya sous quelque prétexte.

Tintoret n’en continua pas moins à étudier les ou™
vrages de ce grand peintre. Il cherchait à s’approprier
son coloris , ainsi que le goût de dessin de Michel-
Ange, sans négliger de consulter la nature et l’antique»
Tintoret est le peintre qui a eu l’imagination la plus
fougueuse , et la plus grande facilité dans l’exécution.
Il ne mettait pas plus de temps à faire un tableau que
ses concurrens à peindre une simple esquisse. On le vit
proposer de travailler dans des couvens pour le seul
déboursé des couleurs ; et aider d’autres artistes gra-
tuitement , pour le plaisir de pratiquer son art.

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