Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

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Un génie aussi bouillant devait produire des ou=>
vrages inégaux ; aussi disait-on qu’il avait trois pin-
ceaux : l’un d’or, l’autre d’argent, et le troisième de
fer. Il travailla pour le sénat de Venise, et plusieurs
salles du palais du doge sont décorées de ses compo-
sitions. Il fut chargé de peindre la victoire remportée
sur les Turcs, en iS'ji , à l’exclusion du Titien et de
Joseph Salviati, ses concurrens. Cette immense ma-
chine ne lui coûta qu’une année de travail.

Les meilleurs tableaux du Tintoret ne sont point in-
férieurs à ceux du Titien et de Paul Véronèse. Us sont
de plus remarquables par la hardiesse du pinceau et
par la vivacité de la composition.

Tintoret vécut jusqu’à 82 ans, et mourut à Venise 5
en Il eut pour élèves son fils Dominique et sa

fille Marie. Les tableaux d’histoire de Dominique sont
très-inférieurs à ceux du Tintoret j mais cet artiste
réussit dans la peinture de portraits.

Marie Tintoret, guidée par les leçons de son père ,
fit des portraits admirables qui lui acquirent une grand©
réputation. L’empereur d’Allemagne, le roi d’Espagne
Philippe II, et l’archiduc Ferdinand désirèrent qu’elle
se rendît près d’eux ; mais le Tintoret ne put consentir
à se séparer d’elle, et il la maria à un riche joaillier
de Venise, à condition qu’elle continuerait de demeu-
rer avec lui. Elle n’avait que 3o ans, lorsqu’elle mou-
rut , en logo, laissant son père et son mari incon-
solables de sa perte.
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