Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 8.1805 [Cigognara Nr. 3401-8]

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( i5i )

Planche soixante-douzième. — Diane. Statue antique
de la galerie du Musée.

Diane est vêtue d’une tunique courte et sans man-
ches , serrée au dessous du sein. Elle tient à la main
son arc (qui n’est seulement qu’indiqué); et, tour-
nant la tête d’un air fier , tire une flèche de son
carquois. Elle a près d’elle une biche à laquelle
l’artiste a donné le bois d’un cerf. Cette circonstance
a fait penser aux antiquaires que l’animal, si diffé-
rent de ceux de son espèce, pourrait être la fameuse
biche de Cérynée, à la ramure d’or et aux pieds d’ai-
rain , que la nymphe Taygète , fille d’Atlas, avait
consacrée à Diane. Hercule, ayant reçu d’Eurysthée
l’ordre de lui amener cette biche vivante , la pour-
suivit longtemps en vain ; il parvint enfin à la saisir
au passage du Ladon , rivière d’Arcadie. A peine
en était-il maître que Diane , descendant du mont
Artémision, la lui ôta, et le menaça de le punir; mais
enfin, cédant à ses instances , elle la lui rendit.

On présume que cette statue pourrait représenter
Diane au moment où elle prend la biche sous sa
protection , et menace Hercule de ses flèches.

Aucune figure de Diane n’est comparable à celle-ci.
Apportée en France sous le règne de Henri IV,
elle fut regardée comme le morceau le plus précieux
du Cabinet des antiques du roi, et décora longtemps
la grande galerie de Versailles. Placée aujourd’hui
auprès des chef-d’œuvres venus d’Italie, elle n’est
inférieure à aucun. On a cru même trouver un rap-*
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