Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche dixième. — Un Esclave. Statue de la galerie
du Musée ; par Michel-Ange.

Le pape Jules II ayant chargé Michel-Ange de faire
son tombeau , le célèbre artiste lui présenta un superbe
dessin, où devaient entrer plus de 40 figures. Les cir-
constances ne permirent pas à Michel-Ange d'exécuter
ce monument pendant la vie de Jules II; et, lorsque ce
pape fut mort, Michel-Ange convint avec le ducd'Urbin,
parent de Jules, de remplacer le monument projeté par
un tombeau moins fastueux. Il l'exécuta dans l'église de
S. Pierre in Vincoli, et y plaça son Moyse qu'il avait
terminé depuis longtemps.

Outre cette figure, Michel-Ange avait conduit jus-
qu'à une ébauche très-avancée deux statues ^Esclaves,
mais comme il ne les fit pas entrer dans sa nouvelle
composition , il ne les acheva pas.

Ces deux figures, en marbre blanc de Carrare, et
de proportion colossale, furent dans la suite envoyées
en France. On les admira longtemps à Paris , à l'hôtel
du duc de Richelieu. Elles sont maintenant dans la
grande galerie des tableaux, au milieu des productions
de l'école italienne.

'Si quelques hommes de génie, et surtout Raphaël
disputent à Michel-Ange le premier rang parmi les
peintres, il n'a point de rivaux clans la sculpture.
Moins pur que l'antique, mais fier, énergique, et
parfaitement versé dans la connaissance de l'anatomie,
il a su animer le marbre. Son exécution est large,
savante et facile. Il est peu d'ouvrages modernes qui
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