Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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val. Un de ses compagnons en saisit deux autres*
Un troisième frappe de son sabre plusieurs captifs
renversés à terre, et veut les obliger à marcher. Le
fond représente le champ de bataille , voisin des
rives de l'Hydaspe que bornent de hautes montagnes.
Les éléplians de Porus , qui faisaient la principale
force de son armée, sont étendus dans la plaine.
Les uns n'existent plus; d'autres ne sont que blessés,
et portent encore des tours chargées de guerriers.
Ceux-ci se défendent contre les soldats macédo-
niens.

Aucun des tableaux de Le Brun ne montre mieux
que celui-ci le génie de ce célèbre peintre, et l'élen-
due de ses connaissances. Pénétré de la lecture de
Quinle-Curce, il n'a rien négligé de ce qui pou-
vait caractériser l'action en elle-même , et le lieu
où elle se passa. Chacun des épisodes est une partie
essentielle du sujet, dont il augmente l'intérêt. Enfin,
cette composition, l'une des plus vastes de celles
dont s'honorent la peinture et l'école française, est
peut-être le chef-d'œuvre de Le Brun.

On a souvent adressé à ce grand peintre des repro-
ches mérités sur ce que son exécution a de défec-
tueux. Elle est ici supérieure à celle des autres ta-
hleaux qui forment la suite des Batailles d'Alexandre.
Le dessin a généralement de la grandeur et de la
correction. Quoique le ton local de chaque partie
prise à part n'annonce point l'étude de la nature,
l'ensemble est vigoureux , surtout dans le fond et
les lointains , qui sont rendus avec beaucoup de
fermeté. Dans les figures principales, et sur les pre-
miers plans, le pinceau de Le Brun n'a point la
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