Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche trente-cinquième. — La Vierge à la grappe\
Tableau de la galerie du Musée ; par P. Mignard.

Les figures de ce tableau sont de grandeur natu-
relle. C'est là sans doute une de ces Vierges nom-
mées Mignardes, qu'on se disputait à Rome et à Paris ,
avant que Mignard les eût terminées. Celle-ci est dé-
signée généralement par la grappe de raisin qu'elle
offre à son fils. L'enfant est rempli de grâces et de
finesse ; mais , il faut en convenir, c'est une Vénus
et un Amour que Mignard a peints : la seule diffé-
rence existe dans les vêtemens de la femme.

Le dessin de ce tableau, sans être d'une parfaite
correction, est d'une grande élégance ; les draperies
sont légères, et le ton des chairs aussi vrai que sédui-
sant. Les couleurs, par leur fraîcheur et leur harmonie,
répondent à la beauté des autres parties de cet ouvrage.

Pierre Mignard qui, en mourant , laissa de très-
grands biens, fut souvent obligé, lorsqu'il étudiait à
Rome, de se contenter de pain et d'eau. Son père l'avait
d'abord destiné à la médecine ; et Mignard , en visitant
ses malades, s'amusait à les dessiner. Les obstacles
qu'il rencontra, en se livrant à la peinture, ne firent
qu'augmenter son ardeur, et il résolut de se faire de
bonne heure une réputation et une fortune. Pour tirer
parti de son esprit et de ses falens, il s'adonna au
genre du portrait, et ce moyen réussit bientôt à le faire
entrer clans la familiarité des grands. Charmé par la
beauté des peintures que possédait Venise où il s'était
marié, il avait d'abord eu l'idée de s'y fixer ; mais
Louis XIV ne voulant point que la France fût privée
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