Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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de dessins faits avec du charbon. Son maître reconnut
ses dispositions , et fut assez généreux pour le placer à
ses frais dans l'école des Caraches. L'étude constante
des ouvrages de Raphaël et de Michel-Ange mit bien-
tôt Lanfranc en état de n'avoir d'autre guide que son
génie. Il se fit une manière grande etfière,et étonna
l'Italie accoutumée aux chef-d'œuvres de tous les
genres , par l'immensité de ses ouvrages. Possédant à
fond l'art de la perspective , il a peint, clans la coupole
de Saint-André de Laval, à Rome , et dans celle des
Apôtres , à Naples , des figures qui ont plus de 20 pieds
de proportion , et qui, de leur point de vue , n'offrent
rien qui blesse le goût ni la vérité.

La chaleur de ses composilions , la fermeté de son
dessin, la disposition savante de ses groupes, l'en-
tente parfaite des raccourcis , l'art avec lequel ses dra-
peries sont jetées , lui assignent un rang supérieur dans
ce genre gigantesque qu'il regardait comme le premier.

Dans ses derniers ouvrages, il ne consultait plus la
nature, ce qui faisait dire, qu'il savait beaucoup ; mais
qu'il négligeait de montrer son savoir.

Lanfranc vécut heureux au sein d'une famille aima-
ble. Paul V et Urbain VIII le comblèrent d'honneurs
et de bienfaits. Il mourut à Rome en 1647, le jour même
où l'on découvrit les ouvrages de S. Charles des Cati-
nari, qu'il avait achevés en 6 mois , quoiqu'il fût
alors âgé de 66 ans.

Pourquoi ne peut-on oublier qu'il fut un des plus
ardens ennemis du Dominiquin, et par conséquent
l'une des causes de la fin malheureuse de ce grand
peintre 3
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