Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche quarante - neuvième. — Le Christ porté au
tomheau. Tableau de là galerie du Musée ; par Paul
Véronèse.

Joseph d'Arimathie a fait transporter le corps de
Jésus-Christ ; de la croix sur laquelle il vient d'expirer
au sépulcre qu'il lui destine. Quelques fidèles disciples
et les saintes femmes ont suivi ce triste convoi. La
Vierge, avant de se séparer de la dépouille mortelle de
son fils, a voulu qu'il reposât encore un moment sur ses

wenoux : elle lui tient la main et tourne vers le ciel des

v

yeux où se peint la douleur ; une des saintes femmes
soutient dans ses bras cette mère infortunée et prêle
à s'évanouir. Sainte Madeleine,vêtue de riches habits,
baise les pieds du Sauveur. On voit, dans le lointain, le
Calvaire et la ville de Jérusalem , et sur le devant du
tableau , la couronne d'épines , teinte de sang. Cette
composition est pleine de sentiment et de chaleur •
toutes les expressions sont vraies et touchantes ; celle de
la Vierge est sublime. Les formes du Christ sont trop
grêles; le ciel et le fond du tableau ne semblent qu'être
ébauchés.

La touche légère et le beau coloris de Paul Véronèse,'
se reconnaissent dans toutes ces figures Peut-être que
l'exécution n'en est point assez, soignée. Mais l'espèce
de négligence qu'on y peut observer, tourne ici à
l'avantage du sentiment. Les draperies sont jetées
naturellement, et cet ouvrage paraît avoir été fait
au premier coup.

i Ce tableau , peint sur toile, a 3 pieds de haut, sur 4
pieds 3 pouces de large.

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