Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche cinquante-unième. — Un Esclave. Statue en
marbre de la collection du Musée; par Michel-
' Ange.

Celte statue est d'une proportion beaucoup plus
grande que nature; elle est, ainsi que son pendant, un
des plus beaux ouvrages de Michel-Ange. L'expression
de toute la figure est touchante et vraie : c'est un malheu-
reux qui succombe sous le poids de ses maux; sa main
se porte avec effort sur sa poitrine oppressée. Cet
ouvrage n'est point achevé; les artistes ne le con-
sidèrent même que comme une ébauche ,* mais c'est
■une ébauche admirable. Dans les parties terminées ,.
la connaissance profonde de Panatomie se fait sentir
sans exagération ; les formes ont de la noblesse et
les chairs toute la souplesse que peut donner le
ciseau. Les pieds sont indiqués imparfaitement dans
le marbre, et le dos n'est pas même entièrement dé-
grossi.

Celte figure et son pendant furent destinés d'abord
au tombeau de Jules II ; mais le plan de Michel-Angé
ayant éprouvé des changemens , Robert Strozzi acquit
ces deux statues , .et en fit hommage à François I. Ce
monarque, par une munificence singulière, les donna
au connétable Aune de Montmorenci. Celui-ci, tombé
dans la disgrâce, se retira à Ecouen qu'il embellit, et
y fit transporter cette preuve éclatante de sa faveur
passée. Mais, en i632 , le cardinal de Richelieu ayant
fait mourir sur l'échafaud l'illustre et malheureux
Henri II de Montmorenci, petit-fils du précédent,
il s'empara des deux chef-d'œuvres qui devinrent l'or--
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